JEP2011-CC-AfficheL'Auberge de jeunesse de Concarneau est hébergée dans l'ancien abri du marin de Concarneau (à ne pas confondre avec celui du Passage-Lanriec, Lanriec ayant été une commune distincte de Concarneau jusqu'en 1959), construit en 1901.

À la fermeture de l'abri, à la fin des années cinquante, la Ville de Concarneau a affecté le bâtiment, après travaux (qui lui ont, hélas, fait perdre son apparence extérieure typique des abris du marin), à l'Auberge de jeunesse.

L'Association départementale est particulièrement attachée à ce bâtiment, à la fois pour son histoire sociale forte (à laquelle la présence de l'auberge apporte une continuité depuis plus de cinquante ans) et pour son emplacement exceptionnel, en face des mythiques Glénan.

Les abris du marin ont représenté la réponse philanthropique et pratique apportée par Jacques de Thézac aux conditions de vie difficiles que connaissaient les pêcheurs en campagne. Ils ont été à l'origine de la création du célèbre Almanach du marin breton, qui a permis leur financement.

L'exposition qui suit a été présentée dans le cadre des JEP 2011 (17-18 septembre 2011) à Concarneau.

Les Abris du marin

CC AM Botrel
Abri du marin de Concarneau (Collection privée Georges Bruno).

Carte postale réalisée à partir d’une photographie de J. de Thézac, avec dédicace de Th. Botrel:

Voici la bourrasque et la pluie
Entrons à l'«Abri du marin».
Nous y guetterons l'embellie
En chantant un joyeux refrain!

Notez la hune d’observation sur le toit. Elle permettait aux marins d’y scruter l’horizon.

 

Sommaire
 

Un peu d'histoire
Un objectif moral et philanthropique
Fonctionnement des abris du marin
Un rôle social
Hébergement et facilités pour la restauration
Dispensaire
Lieu d'«essais» thérapeutiques
Divertissements
Activités sportives
Activités culturelles
Quelques mots sur Jacques de Thézac
Contre l'alcoolisme: l'eucalyptus
De la pratique à la formation professionnelle
La pêche à Concarneau
L'Œuvre des dentelles bretonnes
Et depuis?
Ensemble, perpétuons l'esprit des abris!
Pour en savoir plus sur le sujet
Remerciements
 

Un peu d'histoire

À la fin du XIXe siècle, Jacques de Thézac, philanthrope français, alarmé par les conditions de vie misérables des marins pêcheurs, décide d’agir en leur faveur. Il commence par fonder l’Œuvre du marin breton qui édite, depuis 1899, l’Almanach du marin breton, publication toujours très appréciée par les marins.
 

Très vite, il comprend que l’écrit ne suffit pas et qu’il lui faut mettre en pratique les principes généreux qui l’animent. Ce sera le début de plusieurs actions : les Abris du marin, le Bien-Être du marin, entre autres.


Couverture de l’Almanach du marin breton de 1912,
représentant l’entrée du port de Concarneau (Œuvre du marin breton).

«Œuvre honorée par l’Académie française du 1er des prix de Vertu en 1907».
 

   AMB couverture1912 

Entre 1900 et 1952, quinze abris du marin furent construits, essentiellement sur la côte finistérienne et, pour trois d’entre eux, dans le Morbihan.

Sein1907
île de Sein (1907)

Douarnenez1926Douarnenez (1926)

Roscoff1911Roscoff (1911)

Audierne1902
Audierne (1902)

       Emplacement des abris  

Poulgoazec1935
Poulgoazec (1935)

Guilvinec1926
Le Guilvinec (1926)


Tudy1909
Île-Tudy (1909)

Sainte-Marine1912
Sainte-Marine (1912)

Photographies de J. de Thézac, tirées de l’Almanach du marin breton, entre 1902 et 1935 (Œuvre du marin breton).
 

Reconnaissables à leur crépi rose vif, ils étaient bâtis d’après les plans de l’architecte René Darde, sur un modèle presque toujours identique: une grande salle de jeux et un logement pour le gardien au rez-de-chaussée; une bibliothèque et un poste de couchage (pouvant accueillir jusqu’à 50 hommes) à l’étage. Un préau, attenant au bâtiment, accueillait une coquerie et des chaudières pour tanner les voiles et les filets.
 

Des agrès permettaient aussi aux marins de faire un peu de culture physique.
 

   CC AM sportifs
Carte postale réalisée à partir d’une photographie de
J. de Thézac (Collection privée Georges Bruno).

Un objectif moral et philanthropique

La devise de l’Œuvre du marin figurait à l’entrée des abris:

En em garit an eil egile
Aimez-vous les uns les autres
 

Douarnenez int

Grande salle de l’abri du marin de Douarnenez
un jour de conférence.

Photographie de J. de Thézac, parue dans l’Almanach du marin breton de 1925 (Œuvre du marin breton).

 

Le but de l’Œuvre était «d’améliorer l’état tant moral que matériel des marins-pêcheurs». Cela passait également par l’organisation de régates, de conférences, de concours de poésie, de maquettes, de natation; par des cours de navigation, une formation pour le secours aux noyés, la sensibilisation au port de flotteurs (ancêtres du gilet de sauvetage) et, surtout, par une propagande antialcoolique particulièrement virulente.
 

En effet, à l’intérieur des Abris, préceptes évangéliques, maximes antialcooliques, devises moralisatrices et patriotiques venaient rappeler le marin à ses responsabilités.
 

 Florilège...

 

 
«Le buveur se rend insolvable. Il ne paie pas sa dette à la société.»

«Aujourd’hui profite d’hier. Demain profitera d’aujourd’hui.»
«Parle à tes parents avec politesse et déférence.»
«Il ne faut pas vivre pour manger mais manger pour vivre.»
«Le plus grand fournisseur de la tuberculose est l’alcoolisme.»
  «Une patrie ne meurt que lorsqu’elle est morte dans le cœur des siens.»  
«Malheur à celui par qui le scandale arrive!»
 

 
 
CC AM lhiver
 
 

Dans la grande salle de l’abri du marin de Concarneau, en hiver (Collection privée Georges Bruno).

 
Notez les maximes, devises et préceptes au plafond ainsi que les divers tableaux moralisateurs au mur.

Fonctionnement des Abris du marin

Chaque abri du marin était géré par une association locale. Un bon moyen pour impliquer les marins! Un comité local de pêcheurs élus par leurs pairs était chargé de la direction de l’abri.


  
Membres du bureau du Comité local de marins de l’Abri de Roscoff.

Photographie de J. de Thézac, Almanach du marin breton de 1911
(Œuvre du marin breton).
 

 

Conseil 1911 6

Le gardien, logé gratuitement sur place avec sa famille, recevait une allocation. Il était notamment chargé de rédiger chaque semaine un «compte-rendu certifié consciencieux» sur la fréquentation de l’abri et les services offerts aux pêcheurs. À la fois modèle des vertus prônées et redoutable agent de recrutement, il était chargé de repérer «les éléments d’une sobriété exemplaire et d’une moralité parfaite». Ceux-ci recevaient ensuite des «paquets de livres apologétiques» de la part de Thézac.
 

 Pêcheurs se servant une bolée de «véritable eau-de-vie» (hiver 1910-1911).

 

Veritable eau de vie
Fonds Jacques de Thézac / Abris du Marin
(Collection Musée départemental breton, Quimper).

Un rôle social

Inspirés des Sailor’s Home et des Maisons du marin des grands ports de commerce, les Abris du marin se voulaient aussi bien des lieux d’accueil, offrant hébergement et facilités pour la restauration, que des espaces d’animation et de culture.

Hébergement et facilités pour la restauration

Pêcheurs cabanant  

Plutôt que de cabaner* sous leur voile, engoncés dans leur kapo braz (pèlerine à capuchon taillée dans de la toile à voile) sur le plancher humide de leur bateau, l’Abri proposait son poste de couchage, où les hommes pouvaient coucher de manière un peu moins inconfortable, serrés les uns contre les autres.
 

Une coquerie, sous le préau, accueillait des fourneaux permettant aux pêcheurs de préparer leur cotriade.

 J. de Thézac, Pêcheurs cabanant à bord de leur chaloupe sardinière. Belle-Île, vers 1920.
Fonds Jacques de Thézac / Abris du Marin (Collection Musée départemental breton, Quimper).
* Cabaner, d’après le Dictionnaire de la mer de Jean Merrien (Paris, Omnibus, 2001), c’est «Recouvrir d’une voile en forme de tente. Les pêcheurs qui dorment à bord cabanent souvent leur chaloupe.»

 
Hébergement et fourneaux deviendront obsolètes après la Grande Guerre et l’arrivée progressive de bateaux pontés.

Dispensaire

Dès 1906, des armoires à pharmacie sont installées dans tous les abris. Elles permettent de dispenser les soins de première nécessité et de délivrer quelques remèdes (quinine, onguent, etc.).

  

 

L’onguent de l’abri du marin.
Almanach du marin breton, 1907
(Œuvre du marin breton).

 
   Onguent 1907 33

Lieu d'«essais» thérapeutiques

J. de Thézac a favorisé, dans ses abris, certains essais thérapeutiques: traitement au suc frais de goémons vivants, héliothérapie… Les instruments nécessaires étaient installés dans les abris et mis à la disposition des marins, sur avis médical et surveillance stricte du gardien.

CC AM suc de goémonTraitement au suc de goémon à l’Abri du marin de Concarneau.
Carte postale réalisée à partir d’une photographie de J. de Thézac
(Collection privée Georges Bruno).
 

  

perhéliothérapie 1925 88-89Perhéliothérapie.
Photographie de J. de Thézac, Almanach de 1925
(Œuvre du marin breton).

Divertissements

CC AM Botrel bis
Carte postale réalisée à partir d’une photographie
de J. de Thézac (Collection privée Georges Bruno).
 
  

Afin d’empêcher les marins d’aller «s’arsouiller» au troquet, des conférences étaient organisées, ainsi que des spectacles.

Botrel, qui soutenait le projet (on trouvera plusieurs de ses chansons dans l’Almanach ainsi que des commentaires ou de petits poèmes sur les cartes postales des abris), participe ainsi à plusieurs tours de chant à Concarneau.

 

Mention manuscrite de Th. Botrel :
Un de mes auditoires bretons. Chez les marins de Concarneau.

Activités sportives

Outre la possibilité de s’exercer à une activité physique avec les agrès des abris, divers concours étaient organisés: concours de natation, courses, régates-concours d’études de bateaux de pêche…


  
 Folgoas (18 ans), gagnant des deux courses (courses en caleçon et en ciré!) de 1903 au Guilvinec. Pas de course à Concarneau cette année-là, pour cause de «dispersion des marins».
Photographies de J. de Thézac. Almanach du marin breton de 1904
(Œuvre du marin breton).
 

   Folgoas champion de course 1904 4-5

Activités culturelles

CC AM marin artiste    

Indépendamment des spectacles et conférences, les marins étaient invités à participer à des concours de poésie, de fabrication de maquettes, de peintures… Les œuvres étaient, pour certaines, exposées dans les Abris, photographiées ou publiées dans l’Almanach.
 

La lecture était largement encouragée auprès des marins pêcheurs. La bibliothèque des abris offrait de nombreux ouvrages, essentiellement à vocation professionnelle ou «édifiants». Certaines photographies (voir ci-dessous) montrent les marins lisant studieusement côte à côte.

 
 

Marin pêcheur de Concarneau devant ses œuvres.
Carte postale à partir d'une photographie de J. de Thézac
(Collection privée Georges Bruno).

 CC AM bibliothèque     CC AM salle lecture

   Vues de la bibliothèque et de la salle de lecture de l’Abri du marin de Concarneau.
Cartes postales réalisées à partir de photographies de J. de Thézac (Collection privée Georges Bruno).

Notez les commentaires pour l’édification des marins, tirés des registres Observations des marins:
 

«Moi, je rallie l'«Abri» le plus souvent que je peux car je suis très fier de tous nos livres et tous ces tableaux qui nous montrent l'alcoolisme qui fait tant de brutes parmi l'espèce humaine; maintenant nous savons nous réfugier dans tous les ports de la côte depuis que nous avons l'«Almanach»: je fais mes remerciements et mes félicitations à l'Œuvre.»    «Je veux féliciter les Abris-du-Marin, car depuis leur fondation, ils n'ont fait que du bien; on y trouve quantité de choses qui rendent de très grands services aux marins, et tout ça gratuitement; et puis nous ne pouvons pas avoir aucun livre aussi utile que l'Almanach du Marin Breton qui nous renseigne sur tant de choses que nous ne connaissions pas. Je remercie de tout mon coeur les bienfaiteurs des marins qui nous ont donné les Abris: Vivent les Abris-du-Marin!»

 

Chanteurs 1906 tabmat1
 

  

Et pour ceux qui souhaitaient pousser la chansonnette, des phonographes étaient à disposition.

 
 

Almanach du marin breton, 1906 (Œuvre du marin breton).

Quelques mots sur Jacques de Thézac

C’est un personnage complexe et attachant que ce philanthrope catholique.

Né en 1862, passionné par la voile – il participa à plusieurs régates et remporta plusieurs courses; il concevait lui-même le plan de ses voiliers –, c’est tout naturellement qu’il observe les pêcheurs dans leur travail et qu’il s’émeut de leurs conditions de vie. S’il constate le fléau de la misère, il perçoit bien vite aussi celui de l’alcoolisme.
 

Portrait de Jacques de Thézac (Collection particulière).
 

   Thezac
CC régates départ   

Son mariage avec Anna de Lonlay, une Concarnoise rencontrée lors d’une régate, lui permettra de trouver sa voie. Rentier, il décide de jeter ses forces dans la bataille. C’est ainsi que l’Almanach du marin breton voit le jour.
 

Départ de régate à Concarneau.
Carte postale réalisée à partir d’une photographie de J. de Thézac (Collection privée Georges Bruno).

Très vite, pourtant, Thézac comprend que l’action de cette publication doit trouver un écho tangible et concret sur le terrain. C’est alors qu’il conçoit le projet de lieux «sains, bien chauffés, confortablement aménagés» où les pêcheurs pourront se réunir sans devenir la «proie des débitants».

Un essai est tenté sur l’île de Sein en 1899. L’intérêt des marins est immédiat et Thézac décide d’étendre l’influence de son œuvre (constituée en «société déclarée» dès 1904). Son but ?

  «étudier, […] rechercher et […] mettre en pratique dans l’esprit le plus désintéressé, les moyens d’améliorer l’état tant moral que matériel des marins-pêcheurs, notamment en luttant contre l’alcoolisme».
 
 
 
 

Thézac fut aussi un photographe inlassable, comme en témoignent ses 4 000 plaques de verre, propriété du Musée départemental breton. La nécessité d’illustrer ses publications et d’éditer une collection de cartes postales – support bien pratique à l’information et à la propagande – le conduisit à se perfectionner dans le domaine. Photos de la famille pour le marin parti en mer ou à la guerre, scènes de vie communautaire ou de travail, toujours il recherchait l’expression d’une vérité, sans mise en scène.
 

J. de Thézac, Chaloupe sardinière filant grand largue par forte brise (v. 1920).
Fonds Jacques de Thézac / Abris du Marin
(Collection Musée départemental breton, Quimper).
 

   Chaloupe sardinière filant grand largue par forte brise v. 1920

Curieux, féru de technologie et profondément humain, il tentera plusieurs expériences, certaines couronnées de succès: héliothérapie, introduction de la TSF dans les bateaux de pêche, contribution à la lutte contre la tuberculose…

Quand il mourra en 1936, ses Abris du marin auront totalisé 13 millions d’entrées. L’Almanach du marin breton de 1937 consacrera quelques pages à rappeler les mérites de ce bienfaiteur discret et efficace, et son plus assidu rédacteur.

Contre l’alcoolisme : l’eucalyptus

L’eucalyptus, après l’eau de source («la véritable eau-de-vie»), c’est la grande trouvaille de Thézac (membre de la Croix-Blanche, une ligue antialcoolique) pour pallier l’absence d’alcool dans les abris. L’idée lui vient, durant l’hiver 1904-1905, d’offrir des infusions sucrées et chaudes d’eucalyptus.

 

 L’heure de l’eucalyptus dans un abri du marin.
Photographie de J. de Thézac.
Almanach du marin breton, 1910 (Œuvre du marin breton).
  

   eucalyptus heure 1910 62-63

On ne peut pas dire que cette idée fasse l’unanimité à ses débuts. Goguenard, Louis-Pierre Poullou, de l’Abri de Concarneau, écrira à Thézac :

  «Durant tout l’été, le cidre s’est vendu deux sous le litre. Les marins en ont eu à gratter que veux-tu, alors vous comprenez, Monsieur, vaudrait autant proposer un hareng à qui peut avoir du homard à foison. De la tisane? Ah, ouate!»
 
 
Fréquentations 1907 1909 4-5    

Oui, mais voilà… Les marins testent. Deux mille tasses sont offertes la première semaine à Concarneau, le double la suivante. Le succès ne se démentira pas.

 

 

Statistiques de fréquentation 1908,
Almanach du marin breton, 1909 (Œuvre du marin breton).

 

Il y est mentionné que 4000 kg de feuilles d'eucalyptus ont été délivrées, et 120000 tasses d'infusion d'eucalyptus ont été bues.

 

Les marins apprécient les vertus calmantes et antiseptiques de l’eucalyptol. En infusion ou fumé (les feuilles), chiqué (la pulpe entourant les graines), l’eucalyptus connaît un succès fou… et des abus. Au point que l’Almanach doit faire paraître un article pour appeler à moins d’excès:

Vogue eucalyptus 1 1907 100-101   Vogue eucalyptus 2 1907 100-101   Abus eucalyptus 1909 146
Des bienfaits de l’eucalyptus…
Almanach du marin breton, 1907
(Œuvre du marin breton).
 
  … à ses abus !
Almanach du marin breton, 1909
(Œuvre du marin breton).

L’Auberge de Jeunesse, pour célébrer les 110 ans de l’Abri du marin de Concarneau, a eu le plaisir d'inviter ses visiteurs à goûter l’infusion (une décoction, en réalité) d’eucalyptus à la mode des Abris. Les plus sceptiques (et il s'en est trouvé!) se sont déclarés enchantés par l'expérience!

La recette originelle...

 

 
  2 feuilles d'eucalyptus pour une tasse (6 à 10 feuilles par litre d'eau).  

Faire bouillir pendant 5 à 10 mn.

Servir très chaud et sucré (2 sucres par tasse).

 

 Yec’hed mat*!

* Yec'hed mat! : Santé! (en breton)

De la pratique à la formation professionnelle

Les abris des marins étaient également des lieux de pratique et de formation professionnelle. Outre la documentation technique accessible à la bibliothèque, du matériel était disponible pour aimanter ses compas, ravauder ses toiles, etc.
 

On apprenait aussi les gestes à prodiguer aux noyés.
 
 

Photographies et montage de J. de Thézac.
(Collection privée Georges Bruno)

   AM noyés
Équipage équipé de flotteurs  


 

Une sensibilisation au port de flotteurs (précurseurs du gilet de sauvetage) y était réalisée.

 
J. de Thézac, Équipage de la chaloupe RFM du Passage-Lanriec revêtu de ses flotteurs de sauvetage (1904).

Fonds J. de Thézac / Abris du Marin (Collection Musée départemental breton, Quimper).

Des cours de navigation étaient dispensés au sein de l’Abri. Ils seront repris dans plusieurs numéros de l’Almanach.

 
Cours de navigation côtière théorique et pratique
dispensé à l’Abri de Concarneau.

Carte postale réalisée à partir d’une photographie de J. de Thézac
(Collection privée Georges Bruno).

 

CC AM cours de navigation


 

CC AM façade mer    CC AM situation    CC AM quai de la Croix
Vues de l’Abri du marin de Concarneau : façade mer
(Collection privée Georges Bruno).

    
CC AM bibliothèque bis   CC AM salle   CC AM partie de vache aluette
Vues intérieures de l’Abri du marin de Concarneau : salle de lecture, grande salle, partie de jeu de vache/aluette
(Collection privée Georges Bruno).
 
CC sardine teinture filets   CC AM tempête   CC AM vue de la fenêtre
Vues de côté de l’Abri du marin de Concarneau et vue sur la baie depuis l'Abri
(Collection privée Georges Bruno).

 

sardine 1943 94-95thon 1943 94-95La pêche à Concarneau

Au moment de la création de l’Abri de Concarneau, on pêche encore la sardine. La crise sardinière (1902-1909), qui verra la création du Festival des filets bleus, est proche et conduira les pêcheurs à se tourner vers la pêche au thon.

Illustration d’un cours sur les poissons.
Almanach du marin breton, 1943 (Œuvre du marin breton).

Débarquement du thon     thon 1933 fin     CC sardine débarquement
 J. de Thézac, Le débarquement du thon dans le port de Concarneau (v. 1920)
Fonds Jacques de Thézac / Abris du Marin (Collection Musée départemental breton).
 

 Le Merdy, Un quai de Concarneau pendant le débarquement du thon.
 Almanach du marin breton, 1933
(Œuvre du marin breton).

En 1931, 954 980 thons.

   Le débarquement de la sardine
(Collection privée Georges Bruno)
.

 

Certaines pêches sont plus inattendues que d’autres, à Concarneau…

tortue marine 1908 48carte-postale-tortue-paris

 
Almanach du marin breton
, 1908
(Œuvre du marin breton).

La tortue marine pêchée le 2 juin 1907. 

 

L’Œuvre des dentelles bretonnes

La crise de la sardine donnera lieu au développement d’une activité inattendue, sous l’impulsion de la belle-sœur de Thézac, Sophie de Lonlay. Il s’agissait, en effet, de réagir devant la dépression économique qui s’installait. Pour cela, les dames pensèrent à utiliser la dextérité au crochet des femmes et jeunes filles et les firent former à la dentelle.

 Quelques réalisations, dentelle point d’Irlande
(Collection privée Georges Bruno). 
  

dentellières six  

Dentellières bis    

Jacques de Thézac soutint avec vigueur cette activité.

 
 
Jeunes filles exécutant des dentelles sur tulle et sur filet
(Collection privée Georges Bruno).

Cette possibilité d’une ressource complémentaire fut très bien reçue, d’autant que la production s’écoulait facilement à Paris et dans les grandes villes de province. Les dentellières employaient leurs jeunes frères, mousses, pour préparer les filets qu’elles allaient broder.
 
 

 Jeunes mousses faisant le filet que les grandes sœurs broderont…
(Collection privée Georges Bruno).
  dentellières et jeunes mousses 

Et depuis ?

Le pillage de l’Abri du marin du Guilvinec, où se trouvaient les archives de l’Œuvre du marin, n’a pas permis de conserver des éléments précieux pour suivre le déclin progressif des abris.

L’amélioration des conditions de vie à bord des navires et la prise en charge étatique (assistantes sociales, sécurité sociale…) ont rendu obsolètes les Abris. On peut s’en réjouir sur le fond.
 

Criée aux thons, Concarneau
(Collection privée Georges Bruno).
 

   CC Criée aux thons
Carte Aj
 
 

Les Abris ont été, au fil du temps, vendus. Celui de Concarneau a été racheté par la Ville en 1960 et immédiatement converti en auberge de jeunesse. Quelques travaux et l’adjonction d’une partie de la criée aux thons ont quelque peu modifié la structure, mais l’esprit est demeuré le même.

 
 

Carte des auberges de jeunesse de 1966, avec le tampon de l'Aj Concarneau.

Cela fait donc 110 ans que ce lieu accueille des «passagers», marins ou non marins, dans un idéal de partage, de rencontre et d’éducation populaire.

CC AM Vue aérienneL’auberge d’hier…
(Collection privée Georges Bruno)

Notez que la station de biologie marine n'a encore qu'une seule
aile sur les deux qu'elle compte aujourd'hui.

   AJ vue aerienne… à aujourd’hui.
(Photographie : SD)

 

Ensemble, perpétuons l'esprit des Abris du marin!

Logo Abris du marinL’association Les Abris du marin, qui a pris le relais de la Société des Abris du marin en 1992, poursuit l’œuvre sociale initiée par son créateur en accordant des aides aux marins de la marine marchande et de la pêche, après instruction de leur dossier par le service social maritime.
 

L’Association, reconnue d’utilité publique, utilise, pour cet usage, 97% de ses ressources, lesquelles proviennent des intérêts d’un placement financier effectué en 2010, ainsi que de legs, dons et adhésions.
 

  Pret 

Toutefois, la somme est insuffisante au regard des besoins exprimés.

110704 Ouest-France La pauvrete gagne les familles de marinsJean-Pierre Buisson: «La pauvreté gagne les familles de marins» (Ouest-France, 4 juillet 2011).
 

Merci
© Jeanette Dietl, Fotolia 
 
 

Aussi, nous vous invitons à perpétuer l’esprit de Jacques de Thézac en adhérant à l’association Les Abris du marin ou en lui faisant parvenir vos dons.
 

Leurs coordonnées :

Les Abris du marin
6 rue Stang An Dour
29730 Treffiagat
 

Pour en savoir plus sur le sujet

 

 Livres et revue

 – Marins du Finistère. Jacques de Thézac et l'œuvre des abris du marin, Musée départemental breton, 1998.
 – Frédéric Tanter, Les Pêcheurs bretons et les Abris du marin, ed. Sked, 1995.
 – Tintin et la mer, hors-série Historia et Le Point, octobre 2014: une double page y évoque les abris du marin.
  

 Vidéo

 – Violaine Dejoie-Robin, Les Abris du marin, documentaire de 26', France 3 Ouest, 1998.

 

 

Remerciements

L’Association départementale des auberges de jeunesse du Finistère et l’Auberge de Jeunesse de Concarneau souhaitent remercier:

• Georges Bruno, collectionneur de cartes postales anciennes;
• Roger Guillamet, ass. Les Abris du marin;
• Catherine Troprès, Musée départemental breton;
• Yvon Gogé, Œuvre du marin breton.
 
   Merci2
© Elena Schweitzer