JEP2012-BZ-AfficheL'Auberge de jeunesse de l'île de Batz soutient depuis longtemps la SNSM. Si vous êtes déjà venu à l'auberge, vous n'aurez pas manqué de voir le bateau «tirelire», sur le comptoir de l'accueil, destiné à recueillir vos dons pour aider cette association essentielle pour le monde maritime.

La Société nationale de sauvetage en mer a une longue et belle histoire. Héritière d'associations plus anciennes, elle tire son existence de naufrages terribles, ayant entraîné la mort de centaines de personnes, et de la volonté des hommes de faire tout ce qu'il était en leur pouvoir pour empêcher que de tels drames se reproduisent.

L'Association départementale, très attachée au monde maritime et qui a longtemps tenu une école de mer sur l'île de Batz (de 1963 à 2000), souhaitait particulièrement, avec cette exposition, rendre hommage à ces hommes et ces femmes qui, bénévolement, avec humilité et courage, prennent la mer par tous les temps, de jour comme de nuit, pour se rendre au secours des marins en détresse.

L'exposition qui suit a été présentée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine 2012 (15-16 septembre 2012) à l'île de Batz.

(les illustrations de cet article sont en cours d'ajout, merci de votre patience)

SNSM – Société nationale de sauvetage en mer

Logo SNSM  

Sommaire

 
Un peu d'histoire

Trois missions principales
Sauveteurs embarqués: le sauvetage en mer
Nageurs sauveteurs: surveillance des baignades
La prévention au quotidien
Les moyens nautiques de la SNSM
Station de sauvetage de l'île de Batz
Un livre pour la SNSM
Soutenons la SNSM!
Pour en savoir plus sur le sujet sur le sujet
Remerciements

Un peu d’histoire

Quand on vit à proximité de la mer, la SNSM est une réalité quotidienne. Les canots vert et orange, à l’exercice ou en intervention, font partie du paysage. On sait qu’ils font partie des intervenants mobilisables des secours en mer, sur demande du CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage), qui assure la direction et la coordination, entre autres choses, des opérations de recherche et de sauvetage, et dépend du réseau international des centres de coordination de sauvetage maritime institué par la convention de Hambourg de 1979.

Pour l'île de Batz, c'est le CROSS Corsen, basé à Plouarzel (Finistère), qui est compétent.

 
Ce que l’on sait moins, c’est que leur action est bénévole.

Ce que l’on sait encore moins, c’est que cette action existe depuis 1865, et même avant, puisque la première association (franco-anglaise), la Société humaine et des naufrages, fut créée à Boulogne en 1825.

  cross
Image tirée de la plaquette de présentation des CROSS

 
Elle fut mise en place sur le modèle de la National Shipwreck Institution, créée l’année précédente par l’équipe du canot de sauvetage de l’île de Man, de l’autre côté du Channel. Le naufrage du trois-mâts anglais Amphitrite (voir encadré), le 30 août 1833, conduisit au constat de l’insuffisance des moyens et permit l’acquisition du premier canot de sauvetage français, l’Amiral de Rosamel (mis en service en 1834), un Greathead.

Original de GreatheadOriginal de Greathead   À ce propos, saviez-vous que l’inventeur du premier canot de sauvetage sécurisé était français? Il s’agit de M. de Bernières, contrôleur des Ponts et Chaussées, qui imagina une embarcation insubmersible et inchavirable. Malgré des essais concluants sur la Seine en 1775, l’idée ne prit pas en France… mais en Grande-Bretagne, où Bernières est toujours perçu comme un précurseur. À partir du prototype l’Original de Greathead, les canots de sauvetage se sont progressivement étendus, d’abord en Grande-Bretagne et en Irlande, puis en France.  

 
D’autres sociétés suivirent le modèle de Boulogne, mais il faudra attendre le 12 février 1865, suite au naufrage dramatique de la frégate La Sémillante (voir encadré), le 15 février 1855, pour qu’un décret impérial de Napoléon III fonde la Société centrale de sauvetage des naufragés (SCSN), reconnue d’utilité publique.

Perdus en mer (1911)

(Pathé Frères, Thanhouser Company)

 

Naufrage de l’Amphitrite
(30 août 1833)

     

Naufrage de La Sémillante
(15 février 1855)

 
 
Naufrage Amphitrite    
 
 
Naufrage de l’Amphitrite

Gravure sur acier par Ruhierre, d´après F. Perrot (1837), aquarellée à la main.

Le trois-mâts Amphitrite avait quitté Londres le 29 août 1933 à destination de Sydney Cove (Australie).

Lourdement chargé, il transportait à son bord 118 femmes, convicts condamnées à la déportation, 23 enfants en bas âge et 14 hommes d’équipage, sous les ordres du capitaine Hunter.

Drossé vers Boulogne par un vent violent, sur une mer déchaînée, il jeta l’ancre lorsqu’il talonna sur la plage, espérant sans doute renflouer le navire à la marée montante. Mais il fut rapidement démantelé par les vagues qui charriaient violemment sables et galets.

L’intervention héroïque d’équipages boulonnais fut par deux fois rejetée, le capitaine craignant sans doute de débarquer sa «cargaison», appuyé en cela par les douaniers qui empêchèrent les sauveteurs providentiels de passer.

Impuissante, la population assista au naufrage. Trois marins seulement purent regagner le rivage à la nage.

     

La frégate trois-mâts La Sémillante (60 canons), portant à son bord 400 tonnes de matériels, 293 hommes d’équipage (non compris son état-major) et un détachement de 393 fantassins et artilleurs du corps expéditionnaire de Crimée, avait appareillé la veille de Toulon. C’était une des unités les plus fortes de la Marine de guerre française.

Dans le détroit de Bonifacio, au niveau de l’archipel des Lavezzi, elle rencontra une terrible tempête (en réalité, vraisemblablement un ouragan) qui la poussa sur l’îlot de l’Acciarino, contre lequel elle vint se fracasser. Ceux qui n’avaient pas péri dans le choc moururent noyés ou broyés par les rochers.

Il n’y eut aucun survivant. La mer rendit une partie des corps au fil des jours qui suivirent. Seul le commandant Jugan put être identifié avec certitude, grâce à ses insignes et à la difformité d’un de ses pieds.

Il s’agit de la plus grande catastrophe maritime du XIXe siècle.

 
 
 
 
 
 
 
 
Naufrage de La Sémillante

Artiste inconnu.

Naufrage Sémillante

 

 

Premier appel aux marins sauveteurs (avril 1865)

   

«Marins sauveteurs,

 
Canot4En vous rangeant autour de la bannière du sauvetage, en prenant l’engagement de quitter, au premier signal d’alarme, vos familles et vos bateaux, et d’exposer vos existences pour arracher à la mort vos semblables, vous avez fait preuve, une fois de plus, de cet admirable dévouement qui fait l’honneur des matelots français.

 
Mais si vos courages et vos bras sont prêts, presque tous les moyens matériels vous manquent. Ces moyens, une société se fonde en ce moment, pour vous les donner. En votre nom, nous adressons au pays un appel qui ne peut manquer d’être entendu; car chacun, riche ou pauvre, habitant du littoral, des cités ou des campagnes, voudra, en nous remettant son obole, vous seconder dans votre œuvre de salut.

 
Courage donc, braves marins! Nos ressources ne nous permettront, il est vrai, de pourvoir que succinctement à vos besoins, et nous devons songer d’abord à ceux d’entre vous qui veillent près des passages les plus dangereux, mais à peine constitués et sans plus attendre, nous avons voulu unir nos cœurs aux vôtres, en vous adressant l’expression de notre vive sympathie et de notre cordiale confraternité.»

   
    Rigault de Genouilly,
amiral, président de la SCSN
   

 

Bouee
Photo Monpriseur.com
 

En 1873, la Société des Hospitaliers sauveteurs bretons est créée par H. Nadault de Buffon. Ainsi que l'exprime son fondateur:

«[…] cette œuvre est à la fois une institution de sauvetage et de sauveteurs et une société de bienfaisance, de moralisation et d’encouragement au bien».

C’est donc d’abord une société de secours mutuel. Doris ou canot, monté par un retraité de la Marine nationale, essaiment rapidement sur le littoral, débordant les quatre départements bretons initiaux.

 
En 1967, les deux sociétés fusionnent, à la demande des pouvoirs publics, ne pouvant plus répondre seules aux besoins sur tout le littoral français, et donnent naissance à la Société nationale de sauvetage en mer.

L’association, créée sous le statut de la loi de 1901, est déclarée d’utilité publique dès 1970. Sa vocation première est de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger en mer et sur les côtes.

 
En 1986, avec le drame de l’Aber-Wrac’h, où un équipage entier disparaît en se portant au secours d’un plaisancier, une mobilisation nationale se met en place pour soutenir l’action de l’association.

  Epave
Épave du Capitaine de Corvette Cogniet, canot de la station SNSM de l'Aber Wrac'h, naufragé le 7 août 1986
© Station SNSM de l'Aber Wrac'h

Trois missions principales

La vocation de la SNSM est de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger en mer et sur les côtes.

Cette action s’exprime à travers trois missions principales :
– Le sauvetage :
  • au large : effectué par des sauveteurs embarqués bénévoles sur demande des CROSS.
  • sur le littoral : réalisé par la formation, la qualification et le suivi de nageurs sauveteurs volontaires, lesquels assurent la sécurité des plages sous la responsabilité des maires.
– La prévention.
– La formation.
 

Chiffres clés 2011

 
4400 sauveteurs embarqués bénévoles
1410 nageurs sauveteurs
221 stations de sauvetage
273 postes de secours en plage
32 centres de formation et d'intervention
8168 personnes secourues
4920 interventions

  Engagement

L’optimisation de l’efficacité du sauvetage en mer passe aussi par l’innovation, ce qui conduit la SNSM à mettre en place des plans de modernisation de ses équipements, et donc à investir.

Sauveteurs embarqués: le sauvetage en mer

« Répartis sur 223 stations basées le long des côtes, les sauveteurs embarqués appareillent sur demande des CROSS en moins de 15 mn, 24 heures/24, 365 jours par an (y compris la nuit) et par tous les temps. »
Chacun, à bord, a sa spécialité : patron, canotier, radio, mécano, secouriste, nageur de bord…

Le profil des sauveteurs a un peu changé avec le temps. S’ils étaient historiquement issus du milieu maritime (pêche, Marine nationale, marine marchande), ils se sont diversifiés avec le temps, venant désormais d’horizons très divers, avec une très forte représentation issue de la marine de plaisance. Les femmes sont aussi de plus en plus présentes.

« Grâce à leur savoir-faire, leur adaptabilité, leurs équipements mais aussi leur engagement profond, ils sont capables de répondre efficacement à toute situation de sauvetage, qu’il s’agisse d’une panne, d'une voie d’eau à bord, d’un échouement, d’une évacuation médicalisée ou sanitaire, ou encore d’une chute à la mer. »

La gratuité du sauvetage des hommes

Les 6 593 personnes secourues l’ont été « selon le principe de gratuité du sauvetage en mer. Seule l’assistance aux biens donne lieu à un remboursement des frais matériels engagés par les sauveteurs en mer (gasoil…), selon un tarif horaire fixé par le ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer duquel ils dépendent ».

Nageurs sauveteurs: surveillance des baignades

« Premier pourvoyeur de nageurs sauveteurs sur les plages du littoral, la SNSM forme en moyenne 600 nouveaux jeunes chaque année et surveille plus d’un tiers des plages du littoral.
Âgés en moyenne de 18 à 25 ans, composés de 70 % d'hommes et 30 % de femmes, ils se recrutent parmi les étudiants et les jeunes salariés.

Bénévoles de la SNSM pendant l’année, ils assurent la surveillance des baignades de plus d’un tiers des plages surveillées pendant la période estivale. Cette surveillance s’effectue à la demande et sous la responsabilité des mairies. »

On ne devient pas nageur sauveteur par hasard : 400 heures de formation initiale, 5 diplômes, un stage d’amarinage en milieu naturel, l’obligation d’un entraînement régulier et la possibilité de suivre des formations qualifiantes supplémentaires. On ne rigole pas avec la sécurité à la SNSM !

Les nageurs sauveteurs sont rémunérés par la commune sur laquelle ils agissent. Ils officient en moyenne 3 années de rang sur les plages. Outre leur mission de sauvetage, ils assurent aussi une prévention auprès du public.

La prévention au quotidien

L’essor des loisirs nautiques doit s’accompagner d’une prévention accrue. Avec + 20 % d’interventions de sauvetage entre 2010 et 2011, cette prévention est plus que jamais nécessaire et s’inscrit comme une mission prioritaire à la SNSM.

Cette prévention se décline selon différentes réalisations :
–    Actions de prévention sur le terrain (percutage de radeau, usage d’un extincteur, fiches pratiques…)
–    Programmes courts sur les chaînes de télévision
–    Site Internet dédié Graines de sauveteurs (sensibilisation des 7-17 ans)
–    Bracelets de plage pour les tout-petits (800 000 sont offerts chaque année)
–    Sauvetage-tour été (initiation aux premiers secours, à l’utilisation d’un défibrillateur…)
–    Sauvegarde junior (sensibilisation de 120 000 jeunes sur les plages ou les centres de loisirs
–    Actions de prévention collaboratives

Le but : « réduire la fréquence et la gravité des accidents en mer ».

Une formation de qualité

« Parce qu'ils sont les véritables référents en termes de sauvetage en mer et sur le littoral, capitaliser le savoir-faire des sauveteurs en mer pour améliorer constamment la qualité et l'efficacité des sauvetages mais également pour former de nouvelles recrues semblait incontournable. »

Les objectifs sont les suivants :
• Homogénéiser les savoir-faire en formalisant les meilleures pratiques et ainsi garantir aux donneurs d’ordre une capacité opérationnelle ;
• Protéger les bénévoles engageant leur responsabilité personnelle dans la mise en œuvre des missions opérationnelles de la SNSM en garantissant leur qualification à tous ceux qui sont susceptibles de la demander ;
• Alléger la tâche des présidents de stations et CFI dans leur responsabilité de gestion des qualifications des bénévoles ;
• Valoriser les formateurs bénévoles des stations de sauvetage et des CFI.

Vous avez 17 ans ou plus ? Rejoignez l’équipe de la SNSM et devenez nageur sauveteur ! Plus d’informations sur le site : http://www.snsm.org.

Les moyens nautiques de la SNSM

« La SNSM est le premier armateur de France en nombre de bateaux. L’acquisition, l’entretien de la flotte et d’une façon plus générale de tous les équipements techniques nécessaires à la mise en œuvre de sa mission: bateaux, locaux, outils au service de la formation ont un coût non négligeable : 5 393 000 euros investis en 2010. »

Le bon matériel a un coût  !
• Canots tous temps :    835 000 €-850 000 €
• Vedettes classe V1 :    670 000 €
• Vedettes classe V2 :    210 000 €-530 000 €
• Vedettes légères :    100 000 €

Pourquoi des couleurs de coque différentes ?
Les canots tous temps sont reconnaissables à leur coque verte, héritée de la SCSN.
Les vedettes arborent la coque bleue historique des HSB.

Les canots tous temps

Un CTT (canot tous temps), c’est un canot capable de « pouvoir sortir dans n’importe quelles conditions météorologiques pour effectuer des opérations de sauvetage. Insubmersible et auto-redressable, il doit aussi allier vitesse, stabilité et manœuvrabilité  ». Il est capable d’emporter 40 personnes

Le dernier prototype en fonction est basé sur le Pilote Trémintin-II, le canot de l’île de Batz. Un nouveau prototype de CTT est actuellement à l’étude. Plus grand, plus large, plus rapide et plus puissant, il permettra un confort plus grand pour les naufragés.

Station de sauvetage de l’île de Batz

Après la construction d’un phare de 43 m en 1836, puis d’un sémaphore en 1862, la création d’une station de sauvetage est vite apparue nécessaire à l’île de Batz. Les abords de l’île étaient dangereux, ce qui, tout en étant un atout par rapport aux flottes ennemies, présentait des risques importants pour la navigation locale.

La station de l’île de Batz est ouverte dès 1894 par la SCSN, avec la mise en service du Sainte Madeleine et Sainte Victoire de Saint-Faron, canot de 10,10 m propulsé par 10 avirons. La maison-abri du canot est alors située dans l’anse de Pors Retter, à l’ouest de l’île.

En 1947, le canot est déclassé et en 1949, la station est motorisée.
Un nouvel abri est construit en 1955 sur un îlot relié à la digue de Malvoch.

Yves Trémintin (1778-1862)

Fils d’un marin pêcheur, il est né à l’île de Batz. Après une éducation primaire qu’il complétera par la suite par de nombreuses lectures, il s’embarque comme mousse sur la frégate La Résolue et navigue pendant cinq années sur les mers du globe.

Naufragé à deux reprises, en 1793 et 1794, il est fait prisonnier par les Anglais en 1797 et sera envoyé « pourrir » sur un ponton (prison flottante, généralement un ancien navire de guerre désarmé et ancré près des côtes) jusqu’en 1802. À sa sortie, il reprend du service.

En 1806, il est admis à commander sur de petits caboteurs destinés au commerce (brick Sophie). Il sera même corsaire sur l’Amitié ! À partir de 1823, il exerce le métier de pilote côtier sur des bâtiments de l’État. Lors de la campagne de Méditerranée, la corvette La Lamproie, dont il est le pilote, est abordée par des pirates. L’enseigne de vaisseau Bisson, voyant le navire pris au piège, ordonne de faire sauter le navire plutôt que de le laisser aux mains des assaillants. Trémintin, malgré les adjurations de Bisson, choisit de rester avec ce dernier. Il survécut toutefois à l’explosion (y laissant un pied fracassé).

Charles X le nomme chevalier de la Légion d’honneur en 1828. De ce jour, par respect, les habitants de l’île ne l’appellent plus qu’« An aotrou Chevalier ».

Désormais inapte au service, il se retire sur l’île de Batz. Un vitrail de l’église ND de Bon Secours rappelle son acte héroïque.   

En 1957, la relève est assurée par Pilote Trémintin, canot tous temps de 13 m et 20 tx propulsé par deux moteurs de 75 CV et capable d’atteindre les 10 nœuds, soit un peu plus de 18 km/h. Sur le Pilote Trémintin, le barreur est placé dans un étroit cockpit et exposé aux intempéries. C’est qu’il n’y a pas encore de cabine de pilotage !

La remontée du canot se faisait par l’arrière, ce qui demandait une manœuvre de spécialistes. « Il fallait mouiller deux ancres et faire arrière jusqu’au portique du chariot, et commencer à remonter le tout tout en gardant le bateau dans l’axe malgré la houle et le vent traversier ».
 
En 1997, le Pilote Trémintin-II, nouveau canot tous temps de dernière génération, est livré à la station.

Caractéristiques générales :
Longueur :    15,50 m
Largeur :    4,39 m
Tirant d’eau :    1,20 m
Déplacement :    19 t
Insubmersible, auto-redressable
Coque en composite verre/résine    Navigation :
Vitesse en mission :    20,5 nœuds
Rayon d’action :     450 milles pour 14 nœuds
Équipage :    8 hommes

Constructeur :
Chantiers Sibiril (Carantec)

Équipements :
2 moteurs de 380 CV
radar, compas, sondeur
navigateur GPS, VHG, gonio,
projecteur de recherche
groupe de lutte anti-incendie    
Médical :
Civière
Pharmacie
Groupe de réanimation
Groupe de lutte anti-incendie
Zodiac (logé dans la coqu à l’arrière)

Il y aurait beaucoup à dire du quotidien de la station : les appels de nuit, par tous les temps, les mauvais plaisants qui ne pensent pas aux risques pris par ces hommes désintéressés, les plaisanciers imprévoyants ou mal préparés, les bateaux pas correctement entretenus…

La mer reste le lieu de tous les dangers, même si les technologies ont fait des progrès.

Le quotidien de la station, ce n’est pourtant pas le sauvetage, mais l’entretien : entretien des gestes et des réflexes par l’entraînement, participation à des exercices, entretien des matériels, pour que les uns et les autres répondent sans faillir lorsqu’ils seront sollicités. C’est aussi l’animation, pour sensibiliser le public, récolter des fonds, car les stations doivent financer leurs équipements : travaux, investissements ou budget de fonctionnement.

Sauvetages à la station de l’île de Batz

Pouvions-nous achever cette exposition sans évoquer les sauvetages à l’île de Batz ?
Nous n’en évoquerons toutefois qu’un. Pour les autres, nous vous renvoyons au petit livre édité par la SNSM de l’île de Batz, Cent ans de sauvetage à l’île de Batz. Nous ne vous parlerons donc pas non plus du transport des défunts ou des urgences maternité, de cette participation à la vie quotidienne que le contexte îlien rend nécessaire et qui fait que la SNSM, ici, «fait partie du décor».

Le 29 février 2012, le Trec’her, chalutier de 19 m, s’échoue sur le plateau rocheux de Pen ar Vein, à l'île de Batz, avec cinq hommes à bord. L’équipage du Pilote Trémintin II est alerté à 6 h 30 et prend la mer pour leur porter assistance. À l’arrivée à 7 h 15, du fait de l’absence de fond et de la très forte houle, l’approche du navire est impossible par le canot et par le Zodiac. Un hélicoptère de la Marine nationale est appelé et arrive sur zone à 8 h. Les cinq hommes sont hélitreuillés et conduits en observation à l’hôpital de Brest.
Le Trec’her finira disloqué par les marées, la houle et les courants marins. Le QR-Code ci-dessus vous permet d’assister à l’intervention, filmée depuis l’hélicoptère de la Marine nationale.

Un livre pour la SNSM

Plisson

Il existe plusieurs très beaux livres qui retracent l'histoire ou l'action de la SNSM, et quelques-uns sont indiqués plus bas.

 
Dans le cadre de l'exposition, nous avions présenté le livre de Philip Plisson, qui était alors disponible en souscription (depuis édité chez Vilo).

 
Quelques-unes des photos de cet ouvrage ont servi à illustrer notre exposition, avec l'accord gracieux de leur auteur.

  Plisson3

Peintre de la marine (nommé en 1991), Philip Plisson a, pendant trois ans, en parallèle de l'inventaire photographique de La France vue de la mer, rencontré les stations SNSM du littoral français. Avec le président de la SNSM Yves Lagane, il a souhaité que l'ensemble de ce travail fasse l'objet d'un bel ouvrage afin d'illustrer les moyens et les hommes de la SNSM en ce début de siècle. 

Soutenons la SNSM!

La SNSM et ses stations ne peuvent pas vivre sans notre aide.

L’Association, reconnue d’utilité publique depuis 1970, utilise pour ses missions 73% de ses ressources, lesquelles proviennent pour la plupart (44%) de votre générosité.

Par votre don, annuel ou mensualisé, soutenez la SNSM ou l’une de ses stations et permettez à l’association de poursuivre son action. Vous pouvez déduire 66% du montant de votre don dans la limite de 20% de votre revenu imposable (sous réserve d’avoir indiqué vos coordonnées, pour recevoir votre reçu fiscal).

Merci
© Jeanette Dietl, Fotolia
 
 

Choisissez plus particulièrement de soutenir la station de sauvetage de l’île de Batz pour permettre à celle-ci de faire face à ses frais de fonctionnement ou aux travaux de rénovation toujours nécessaires pour son abri!

Vous pouvez le faire en déposant votre don dans l’une des urnes disponibles chez les commerçants de l’île (ou à l’Auberge de Jeunesse) ou en passant sur le site Internet de l’association (http://www.snsm.org) et en précisant que vous souhaitez que votre don soit affecté à la station de l'île de Batz.


 

Pour en savoir plus sur le sujet

 

 Livres

 – François Bellec, Les Sauveteurs, histoire folle et raisonnée du sauvetage en mer, Douarnenez, Chasse-Marée, 2008.
 – Michel Giard, La Grande Histoire du sauvetage en mer, Tours, Le Télégramme, 2009.
 – Loïc Nivet, SNSM, Rennes, Marine Éditions, 2008.
 – Philip Plisson, SNSM, les sauveteurs en mer, Vilo, 2012.
  

 Sites Web

 www.snsm.org
 www.snsm-batz.org

 

 

Remerciements

L’Auberge de jeunesse de l’île de Batz et l’Association départementale des auberges de jeunesse du Finistère souhaitent remercier:

Les éventuelles inexactitudes ou «hérésies» quant aux commentaires sont de notre fait.

   Merci2
© Elena Schweitzer, Fotolia